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 L'historique de Ducélia à Castellane



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Le dolmen des pierres blanches

L’occupation humaine du territoire s’est faite depuis la préhistoire. Un certain nombre de découvertes s’échelonnent du paléolithique au bronze récent. La plus récemment étudiée étant le dolmen de La Baume du néolithique final fouillé par l’équipe du Musée de Quinson en 2006.

Le peu que l’on connaisse des habitants et les informations concernant les recherches effectuées en Provence inclinent à penser à une peuplade sédentaire tirant ses moyens d’existence de l’élevage ovin-caprin associé à une agriculture encore primitive et l’exploitation des sources salées, le sel étant une denrée d’une valeur non négligeable tant pour les bêtes que pour les personnes.


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Borne Romaine


La première implantation de la cité, dont on ne connaît pas exactement le site, est connue sous le vocable de Ducélia. C’est le chef-lieu de la tribu Ligure des Suétrii. Colonisée par les Romains, elle prend le nom de Salinae à cause de ses sources salées.

Cité frontalière de la Province des Alpes Maritimes, elle est située sur la voie Salinaria (la route du sel) qui relie Cimiez à Embrun, c'est-à-dire entre la Voie Aurélienne et la Voie Domitienne, en passant par Vence et L’Escale.

La persistance de quelques bornes miliaires, notamment au col des Lecques, témoigne d’une voie militarisée.


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Eglise St Etienne de Taloire

Le christianisme fait suite à la romanisation.

Castellane devient siège d’un évêché (Claudius évêque des saliniens – concile de Riez 439) mais celui-ci ne dure pas, c’est Senez qui le remplace dès le VIe siècle en regroupement avec Thorame et Castellane.

L’abbaye Saint Victor de Marseille possède des terres de pâturage aux alentours pour ses nombreux troupeaux de moutons, c’est la villaSinaca.

L’église Notre Dame du Plan fait partie d’un de ses prieurés.



La cité est ravagée par les « sarrasins » au IXe siècle et la population se réfugie sur le Roc (les chartes en témoignent au XIe siècle). La capture de Saint Mayeul, en 972, crée un tel émoi dans la chrétienté, qu’une armée déloge les brigands de leur place forte du Freinet ramenant la sécurité en Provence.


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Le Roc est fortifié
(attesté en 977), c’est le berceau des barons de Castellane, famille du Mâconnais émigrée en Provence.

La ville est rebâtie sur le plateau au nord et prend le nom de Petra Castellana. Le château est édifié sur le Roc ainsi que la chapelle Notre Dame du Roc (attestée au XIIIe).

Les remparts de la ville renferment l’église paroissiale dédiée à Saint André (début du XIIIe).


Couvent des Augustins ancienne maison des Castellane

Dès la fin du XIe siècle, les habitants s’installent progressivement dans la vallée, Petra Castellana étant définitivement abandonnée au moment des guerres de religion.

Les barons de Castellane s’y font construire une grande demeure avec sa chapelle. Ils sont en conflit avec le Comte de Provence auquel ils ne veulent pas rendre hommage.

Déjà en 1189, Boniface III y est contraint par Alphonse d’Aragon. Après une période d’indépendance relative, a lieu le mariage de Béatrix (héritière des Raimond-Bérenger) avec Charles d’Anjou (frère de Saint Louis). Ce dernier désire reprendre les prérogatives comtales et décide de chasser les barons de Castellane.

En 1262, Charles d’Anjou, prétextant de la participation de Boniface VI à une rébellion marseillaise, s’empare de la cité et du château et confisque la baronnie à son profit.

Il confirme les privilèges accordés aux habitants de Castellane par son prédécesseur et rend la ville inaliénable et inséparable du comté de Provence.


La tour de l'horloge


Le « Bourg » où l’on construit l’église paroissiale Saint Victor (fin XIe- XIIIe siècle) est entouré de murs échelonnés de tours et de portes, en 1359, pour contrer la menace des guerres civiles. Charles II d’Anjou donne le château des Castellane aux Augustins et un pré où ceux-ci font bâtir une église.

En 1390, la ville est assiégée par Raymond de Turenne qui ne peut s’en emparer, il démolit le pont qui venait juste d’être rebâti. Le Verdon par de terribles crues monte jusque dans la ville ce qui amène à construire une digue qui protège la ville encore de nos jours après de multiples reconstructions.

En 1481 toute la Provence est rattachée au Royaume de France. Louis XI fait raser la citadelle du Roc en 1483.

La paix règne jusqu’en 1536, année de l’invasion de la Provence par Charles Quint, la ville n’est pas attaquée mais toutes les récoltes sont détruites, certains bâtiments à l’extérieur des murs sont rasés (clocher de Notre Dame du Plan, l’hôpital de Saint Martin…) c’est la politique de la terre brûlée imposée par François Ier. En 1551 une nouvelle crue du Verdon submerge la digue.


La porte de l'Annonciade

L’année 1559, la population excitée par un prédicateur catholique s’en prend à la maison du sieur de Caille où se tient un prêche protestant, un échange de coups de feu fait trois morts et plusieurs blessés, c’est le départ de la guerre de religion en Provence.

En 1560 Antoine de Mauvans avec sa troupe incendie l’église du couvent des Augustins et démolit le cloître (reconstruit en 1582), Notre Dame du Roc est saccagée ainsi que Saint Victor et Notre Dame du Plan. Il est sauvagement assassiné à Draguignan, son frère Paul n’a alors de cesse de le venger, jusqu’à sa mort en 1568. Castellane renforce ses fortifications et les étend au faubourg Saint Michel.

Le baron d’Allemagne (descendant de Boniface III) et le duc de Lesdiguières (fils de Françoise de Castellane-Saint-Juers) décident de prendre la ville. La défense est acharnée et la mort du capitaine des assaillants à la porte de l’Annonciade provoquée par Judith Andrau décide de la défaite des troupes protestantes, c’est le 31 janvier 1586, célébré depuis lors par la fête du « Pétardier » à la date anniversaire de cette victoire.

Visitez le site dédié aux Pétardiers


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gravure de Castellane

La contre réforme (au XVIIe siècle) voit la création de couvents et le développement de nombreuses confréries charitables (pénitents bleus et blancs…) qui sont d’un grand secours lors de la peste de 1630. En 1640 Castellane devient sénéchaussée avec Annot et Guillaume comme vigueries.

Le XVIIIe siècle commence par une crue du Verdon, en 1702. L’hiver très rigoureux de 1709 provoque un début de famine.

Les vicissitudes se poursuivent par l’invasion des troupes Austro-Sardes, après une occupation de vingt jours, la ville est délivrée par le marquis de Maulevrier, le 21 février 1747. Cela entraîne de lourdes dépenses suivie de déprédations produites par les troupes françaises qu’il faut héberger.

La révolution, assez pacifique ici, apporte son cortège de perturbations et la misère est extrême d’autant que les récoltes sont misérables du fait des conditions météorologiques. Administrativement les limites du district sont rétrécies ce qui entraîne une perte d’imposition, donc de revenus, importante pour la communauté. Le calme règne cependant jusqu’au 25 septembre 1791 où la population s’oppose au remplacement du prieur Laurensi (curé aimé de Castellane), la garde nationale appelée refuse d’intervenir. Le calme revenu, c’est le vicaire, élu constitutionnel de la paroisse, qui prend possession de la charge.

Les Castellanais se partagent entre les deux cultes, mais en 1792 les extrémistes provoquent le départ du prieur Laurensi. Son retour en 1795, est de nouveau mis en cause en 1797. Il n’est définitif qu’en 1800, dans l’église Saint Victor. Une école est installée dans le couvent en 1793, elle sera suivie par le collège des frères de Saint Gabriel, de 1878 à 1898. L’église Notre Dame du Plan, vendue comme bien national, est transformée en moulin à foulon puis à farine, plus tard en filature. La suppression de l’évêché de Senez est un préjudice pour Castellane résidence habituelle des prélats.


Rue St Victor en 1900 ... Pour trouver d'autres photos de Castellane cliquez sur la photo



L’empire et ses guerres apportent son lot de levées d’hommes et de réquisitions.

De retour de l’île d’Elbe, Napoléon s’arrête pour déjeuner à la sous –préfecture.
Cela n’entraîne aucun émoi dans la ville. De fait il est plutôt mal accueilli dans les Basses Alpes.

En 1876, on consacre l’église du Sacré Cœur (agrandie en 1896), Saint Victor étant devenue trop petite.

Cette même année on démoli celle des Augustins pour élargir le boulevard Saint Michel. Cette dernière est rendue au culte en 1915, sous le vocable de Saint Joseph en remplacement de celle des pénitents bleus détruite pour raison d’utilité publique du fait de son mauvais état.

A la « Belle Epoque » une figure importante de Castellane marque le tournant du XXe siècle : le député Boni de Castellane, célèbre pour ses frasques parisiennes, ses dépenses somptuaires et son livre « L’art d’être pauvre ».

La première moitié du XXe siècle, après les lourdes saignées dans les forces vives de la communauté des guerres mondiales, voit la construction des barrages de Chaudanne et Castillon.

Ce qui implique de grandes mutations dans la manière de vivre des Castellanais.

Vient en même temps le développement du tourisme avec les congés payés et plus tard  celui des sports d’eau vive, mais nous sommes alors au présent.



Crédits textes :

Historique retracé par Lucien LEROY & Amandine DELARBRE

Crédit photos :


www.notrefamille.com , Maison Nature et Patrimoines, Parc du Verdon,


Voir les lieux et monuments remarquables de Castellane.



 





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Histoire de Castellane
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Porte de l'annonciade



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Clocher de l'église St Victor



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Notre Dame du Roc



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Ruines de St André du Roc



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Le bourg fortifié vu du Roc



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La tour Pentagonale



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La tour de 1585



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Ancienne maison Laurensi



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Centre ancien



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Lac de Castillon



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Lac de Chaudanne



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Le Roc de Castellane

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